Julien Adam Musique

L'inspiration, Les 5% qui changent tout

Mis à jour : 26 mars 2019



Si vous écrivez depuis au moins cinq minutes, vous avez certainement déjà entendu cette fameuse ritournelle : « Une compo, c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration ». Ici, l’idée est de comprendre que pour arriver à une bonne chanson, ça demande beaucoup de travail. On est d’accord.


Mais aujourd’hui, je veux prendre le temps de vous parler de ces cinq précieux petits pour cent d’inspiration. Pour quelque raison que ce soit, il peut nous arriver de les négliger. Je l’ai déjà fait, je me confesse. Mais je vous garantis que ces chansons-là n’ont pas fait long feu.


Avant tout, il faut distinguer les inspirations et les motivations. Nos motivations constituent en quelque sorte notre raison d’être, notre énoncé de mission (louer Dieu, élever le nom de Jésus, bénir l’Église, contribuer au répertoire francophone, etc.).


Ces motivations sont le socle de notre ministère et nous rappellent pourquoi nous faisons ce travail, mais elles ne sont pas suffisantes en elles-mêmes. Ainsi, même si l’intention est louable, écrire un chant avec pour seul objectif de bénir la francophonie ne constitue pas une base suffisante pour la composition. Si le chant n’a pas une origine ou une source plus précise et plus intime, sa profondeur et sa qualité en souffriront.


J’ai souvent essayé de remplir une mélodie que j’aimais bien avec des phrases qui me passaient par la tête, pour jeter le tout quelques instants plus tard en réalisant que ma chanson n’avait pas vraiment de substance. J’étais certes authentique et mon intention était juste, mais je ne commençais pas au bon endroit. En d’autres termes, mes motivations étaient bonnes, mais il me manquait l’inspiration.


Si le chant n’a pas une origine ou une source plus précise et plus intime que nos motivations, sa profondeur et sa qualité en souffriront.


L’inspiration, c’est cette étincelle qui nous donnera la capacité de créer quelque chose de complètement nouveau. C’est cette petite touche qui fera de notre œuvre quelque chose d’unique et d’original même si les mots, les notes et les enchainements d’accords utilisés sont les mêmes que pour des milliers d’autres chansons. C’est une idée, un concept, un thème qui teintera notre composition pour en faire une création à part.


Lorsqu’un texte est cher à notre cœur, il nous rappelle une circonstance en particulier et vient apporter une dimension toute spéciale à notre louange. C’est ce genre de chant qui touchera les cœurs et que les gens pourront s’approprier. N’acceptez jamais un texte dépourvu de cette étincelle. Ne tolérez pas une chanson qui n’a pas d’histoire! Je vous propose alors trois conseils pour réussir à capter ces moments d’inspiration.



***



1. Être patient


Le problème avec l’inspiration, c’est qu’elle vient seulement lorsqu’elle le souhaite. C’est le genre d’ami qui ne répond jamais à nos invitations, mais qui se pointe finalement quand on ne s’y attend pas.


Pour écrire une chanson inspirée, il faut être patient. Dieu, le Créateur, est la source de toute inspiration. S’il a mis en vous le talent et le désir d’écrire, s’il veut se servir de vous par ce moyen, il vous donnera aussi cette petite poussée, ce point de départ, cette idée qui vous inspirera.


L’inspiration ne se programme pas, effectivement, mais elle viendra. Inutile de se remettre en question si elle tarde.



2. Être toujours prêt


Soyez patient, oui, mais si l’inspiration ne vient pas, ne restez pas assis à votre bureau le crayon à la main. Vaquez à vos occupations, l’inspiration viendra d’elle-même et quand elle viendra, il faudra être prêt. Votre radar à chansons potentielles doit toujours être actif, car l’inspiration se trouve partout et elle survient souvent quand on ne s’y attend pas.


Lorsqu’il s’agit d’écriture, plusieurs ne savent pas comment démarrer. Commencez avant tout par garder votre radar actif. Faites-en un exercice. Au cours de la journée, rappelez-vous régulièrement d’être attentif à saisir la moindre idée.


L’inspiration se trouve dans la Bible, dans un moment de prière, dans une discussion avec un collègue, dans votre douche, dans la nature, dans une prédication, dans un moment de joie, dans une épreuve, dans une réponse à une prière, dans un moment de repos, de combat, dans le témoignage d’un ami, après un échec, après une victoire, dans la beauté, dans la laideur, la nuit, le jour… Bref, tout, à tout moment, peut vous donner une idée et faire monter en vous une prière nouvelle, un chant nouveau.



3. Rester ouvert


Finalement, l’inspiration c’est comme la petite braise qui traine au fond du foyer le matin et sur laquelle on doit souffler, parfois jusqu’à s’étourdir, pour qu’elle veuille bien embraser notre bois. Elle est fragile, furtive. Parfois, on doute même qu’elle brule vraiment, qu’elle ait le potentiel d’allumer un feu.


L’inspiration c’est comme la petite braise qui traine au fond du foyer le matin et sur laquelle on doit souffler, parfois jusqu’à s’étourdir, pour qu’elle veuille bien embraser notre bois.


Pourtant, c’est cette braise qui est la base, l’âme de votre chanson. C’est d’elle que découlera tout le reste et c’est à elle qu’il faudra revenir lorsque vous ne saurez plus quoi dire. C’est elle qui donnera à votre œuvre son caractère unique, même si pour le moment elle semble peu prometteuse.


Restez ouverts, ne jetez aucune braise, ne sous-estimez jamais le potentiel d’une idée, même si elle vous semble ordinaire ou déjà vue, mais gardez et chérissez chaque bribe d’inspiration.



***


Disons-le, l’inspiration reste un mystère. Cette incontrôlable étincelle, ce petit plus qui fera qu’une chanson traverse les années et qu’une autre ne traversera pas la porte de notre chambre. L’inspiration ne s’explique pas vraiment. Et on dépend d’elle.


Alors il faut être patient, il faut être toujours prêt à la saisir, n’exclure aucune idée afin de mettre toutes les chances de notre côté et, dès que l’inspiration survient, se mettre au travail, commencer à souffler sur la braise. Parce qu’à elle seule, la petite braise n’est pas encore une chanson.


Elle n’en représente que cinq petits pour cent…

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